Figures bibliques de la mission
Figures bibliques de la mission, sous dir. Marie-Hélène Robert, Jacques Matthey et Catherine Vialle, AFOM, Lectio Divina 234. Cerf : Paris, 2010. Voir la présentation du livre (résumé, table des matières) chez Cerf.
Figures bibliques de la mission, publié dans le cadre de « L’Association Francophone Œcuménique de Missiologie (AFOM) », rassemble diverses contributions d’auteurs d’horizons différents réparties, comme le montre la table des matières du site, en trois parties : Gestes de Dieu (pour l’essentiel consacrée à l’Ancien Testament); Figures missionnaires (Paul, la Samaritaine, le Macédonien); Réception communautaire (textes du Nouveau Testament). Le tout est suivi de conclusions.
Ce livre est à inscrire dans le flot croissant, enfin, des ouvrages semi-techniques ou techniques sur la mission et l’évangélisation. Depuis une quinzaine d’années se multiplient en effet–surtout dans le monde anglophone– les textes sur le sujet. Puisque le discours sur l’évangélisation et la mission a recours en abondance aux textes bibliques pour justifier telle ou telle pratique, il est normal que l’on se penche sur leur interprétation et leur utilisation.
Comme ce type d’ouvrage est encore peu fréquent en français, il vaut la peine de le consulter. Mais, comme c’est toujours le cas dans un recueil de contributions diverses, les chapitres varient en technicité et en qualité. Ainsi, le chapitre sur la femme samaritaine de Jean 4 évoque à son égard les termes de disciple, d’appel, d’envoi sans évoquer le fait que ces termes techniques ne sont en fait jamais utilisés pour la Samaritaine. De même, le vocabulaire du témoignage est évoqué dans le chapitre sur Ac 2, mais sans étudier sa signification dans les Actes. Ce qui fait dire que « La mission des apôtres est définie comme témoignage par la parole et par les actes » (p. 208) alors que dans les Actes, et presque partout ailleurs, le vocabulaire du témoignage est lié au fait d’avoir vu quelque chose et d’en parler à ceux qui ne l’ont pas vu, au dire et non pas au faire. J’ai par contre trouvé le chapitre sur la mission dans Luc-Actes et Jean de Marc Schöni très utile.
Quelques grands questionnements largement débattus dans le monde anglophone manquent malheureusement, notamment le fait de savoir si l’évangélisation active et orale est la responsabilité de toutes les églises et de tous les croyants. Après tout, comme beaucoup le reconnaissent, à part quelques textes, le Nouveau Testament et les premiers Pères de l’Église demeurent presque silencieux sur un devoir d’évangélisation pour tous les croyants.
Quelques remarques me semblent également nécessaires sur la facture du livre. On reste pantois qu’à l’âge de l’informatique et des logiciels qui automatisent la gestion de bibliographie on publie encore des livres semi-académiques sans la moindre bibliographie ou le moindre index. Le livre est malheureusement également parsemé de nombreuses coquilles (Nb 6,2227 p.31; p. 3377397 p.109 n.7; v.2730, p.121; Jn 1.3351 p. 121; IIXe siècle p.156; note??? p.182, 185; etc.). C’est presque inévitable, mais gênant (je parle par expérience).
Au total donc, un livre utile à parcourir, surtout pour certains chapitres, mais on reste tout de même sur sa faim à certains égards.


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